Rendez-Vous avec Sergio Rodrigues

By Ludivine

 

J’entre dans le studio de Sergio Rodrigues et je vois tout de suite qu’il aime dessiner, que ces dessins ne sont pas uniquement du design mais aussi un passe temps, un jeu. Nous faisons les présentations habituelles et je lui dit alors mon enthousiasme à le rencontrer, lui qui représente tout un pan de l’histoire du design brésilien. Il me répond alors très humblement « c’est l’histoire, le temps qui dira si mon travail valait la peine, s’il était important » et il rajoute en riant « peut être que quand je serai mort alors on parlera de légende. »

I come in Sergio Rodrigues studio and I can tell right away that he likes to draw. Not only design but just little drawings, like a game, a hobby. We introduce ourselves and I tell him how enthusiastic I am to meet him, he who represents a whole piece of Design history here in Brazil. He replies humbly that « Time will tell, whether or not my work was worth it » and he adds while laughing « maybe when I’m dead I will be then called a legend. » 

 

 

INSPIRATIONS & CARRIERE

INSPIRATION & CAREER

« Quand j’avais 6 ans, j’étais un petit garçon, j’ai commencé à m’intéresser à la matière, au bois, et au mobilier. J’habitais dans une maison ancienne à Rio où diverses époques se mélangeaient, de diverses origines (notamment européens). Je me suis enthousiasmé pour la fabrication du mobilier.

« J’habitais dans la maison de mon oncle, qui aimait beaucoup le bois, il ne dessinait pas bien mais il amenait ses dessins aux ébénistes et ils comprenaient!! Et je me disais « mais comment ils peuvent comprendre ces dessins?! » Alors ça m’a donné envie, et j’ai commencé à dessiner mes jouets : des bateaux, des avions…etc. Et c’est comme ça qu’est né mon amour de l’architecture, du dessin. De ce problème résolu. »

Il s’interrompt pour demander à Jeek, le photographe « Est-ce que tu veux quelque chose d’autre ?  » , en Français dans le texte comme si nous étions déjà des amis de longue date. Je vois là quelque chose d’inexplicable, cette hospitalité toute brésilienne qui transpire dans le mobilier de Sergio Rodrigues et qui met tout le monde tout de suite très à l’aise. « Tudo bom? » s’inquiète t’il encore. « Tudo Bom! » et nous reprenons : « J’étais stagiaire d’un professeur à la fac et il eut un contrat d’architecture au Paraná. Je souhaitais être son assistant mais à ma grande surprise il me donna  le projet. J’étais encore étudiant en architecture. Je suis architecte de formation mais j’ai porté plus d’importance au design et à l’architecture d’intérieur pendant ma carrière. »

« When I was 6 years old, as a little boy, I began to be interested in the material, in wood, and in furniture. I lived in a old house in Rio where diverse periods were mixed, diverse origins (in particular European). I was enthused over the manufacturing of the furniture.

« I lived in the house of my uncle, who liked wood very much, he did not draw well but he brought his drawings to the cabinet makers and they understood them!! And I said to myself « but how they can understand these drawings?! » Then that tempted me, and I began to draw my toys: boats, planes etc. And this is the way my lovefor architecture and drawing was born. Of this solved problem.

He breaks off to ask Jeek, the photographer « do you want anything else? » , in French as if we were already old friends. I see something inexplicable, this Brazilian hospitality which perspires in Sergio Rodrigues’ furniture and which puts everybody at once very comfortable. « Tudo bom? » He still worries. « Tudo Bom! » And we resume: « I was a trainee of a professor in the faculty and he had an architecture project in Paraná. I wished to be his assistant but much to my surprise he gave me the project. I was still a student in architecture. I am an architect by training but I carried more importance for the design and for the interior design during my career.« 

 

 

ARCHITECTURE & DESIGN

ARCHITECTURE & DESIGN

« L’architecture brésilienne intéressait alors* beaucoup d’autres pays, elle était neuve, jeune et impertinente. New York avait les yeux rivés sur le Brésil. Et je me suis rendu compte que cette belle architecture (j’étais encore moi même étudiant) n’avait pas de pendant en architecture d’intérieur. Il n’existait pas vraiment d’agence spécialisée. Mon objectif a alors été de compléter cette architecture. Je ne sais pas si j’y suis arrivé mais le temps le dira. »

« J’ai ouvert ma boutique à Ipanema et ce sont les architectes qui m’ont acheté mes premières pièces. J’ai pu rencontré les plus grands architectes et notamment Oscar Niemeyer de cette manière. »

Produire du mobilier de très bonne qualité mais en conservant l’art de vivre brésilien a toujours été un challenge pour lui. Tout est d’ailleurs fabriqué au Brésil à Santa catarina.

« Brazilian architecture interested then* many other countries, it was new, young and impertinent. New York had eye on Brazil. And I realized that this beautiful architecture (I was still a student) did not have interior design at its level. There was really no specialized agency. My objective then was to complete this architecture. I do not know if I succeeded but time will tell. « 

« I opened my shop in Ipanema and it is the architects who bought me my first projects. I was able to meet the biggest architects in particular Oscar Niemeyer in this way. »

To produce of  very qualitative furniture but keeping the Brazilian lifestyle was always a challenge for him. Everything is made in Santa Catarina, Brazil.

*Il parle des années 40-50

*He talks about the 40’s-50’s

 

 

 

 

 

LE SIEGE

SEATING

Le fauteuil Sheriff est la première pièce qu’il a dessinée, en 1957, et cette pièce gagna le premier prix du concours international de mobilier à Cantu. Il se demandait pourquoi ils avait gagné le premier prix, « mais pourquoi moi ? » et on lui répondit que les autres designers avaient dessiné des meubles en aluminium, en plastique, et qu’il était le seul à proposer un fauteuil en bois, dont les pieds étaient grassouillets, forts. Cette pièce fut alors considérée comme un des premiers meubles post modernes (même si le mouvement commença plus tard). « Quand j’ai gagné je ne l’ai pas fait pour gagner, je l’ai fait parce que depuis petit je voulais me détendre dans un fauteuil et je ne pouvais pas, je n’avais pas trouvé de fauteuil assez confortable. »

The Sheriff armchair is the first piece that he drew, in 1957, and this piece won the first prize of the international furniture competition in Cantu. He wondered why he had won the first prize,  » but why me?  » And they answered him that the other designers had drawn aluminum, plastic furniture, and that he was the only one to propose a wooden armchair, feet of which were plump, strong. This piece was then considered as one of the first post-modern furniture (even if the movement began later). « When I won I did not do it to win, I made it because since I was young I wanted to relax in an armchair and I could not, I had not found a rather comfortable armchair.

« Le siège m’intéresse autant car c’est la seule pièce qui te tient tout entier. Les proportions, les détails, la hauteur de l’assise, tout doit être parfait pour l’usage que l’on va en faire. » En effet avec ses 1500 modèles produits par son studio, 300 éditions et encore une cinquantaine de modèles édités aujourd’hui, Sergio Rodrigues a concentré ses efforts sur ce meuble.

« Seating interests me so much because it is the only piece which fits you completely. The proportions, the details, the height of the basis, everything must be perfect for the use that we are going to make of it.  » Indeed with the 1500 models produced by his studio, 300 editions and another about fifty models still edited today, Sergio Rodrigues concentrated his efforts on this piece of furniture.

 

 

 

LA RELÈVE

THE SUCCESSION

Sergio Rodrigues, 86 printemps, dessinant et produisant toujours, s’enthousiasme pour « La relève » : Pour lui il y en a une bonne vingtaine de bons designers qui arrivent « notamment Fernando Mendes avec qui je travaille, Zanini de Zanine (il a été stagiaire avec moi), Lia Siqueira, Leonardo Lattavo et Pedro Moog qui ont formé ensemble Lattoog…etc. Il y en a beaucoup, ils sont jeunes et ont beaucoup de talent. » **

 Sergio Rodrigues, 86 years old, always drawing and producing, is enthused over  » The succession « : there are about twenty good designers coming up  » in particular Fernando Mendes with whom I work, Zanini de Zanine (he was a trainee with me), Lia Siqueira, Leonardo Lattavo and Pedro Moog who formed together Lattoog etc. There are many, they are young and have a lot of talent. » **

** Je vous ferais un petit post à ce sujet bientôt 😉

** I will post about this soon 😉 

 

RENCONTRE

RENCONTRE

Cette rencontre a été pour moi exceptionnelle et je me considère très chanceuse d’avoir pu discuter avec ce grand monsieur du design brésilien. Sergio Rodrigues vous êtes le remède a l’ultra-mondialistion, à la standardisation des modes de vie. Votre grand âge et votre enthousiasme toujours intacts sont un exemple de conduite pour moi.

Merci.

This meeting was for me exceptional and I consider myself very fortunate to have been able to discuss with this big sir of  Brazilian design. Sergio Rodrigues you are the remedy to ultra-globalization, to the standardization of lifestyles. Your experience and your still new enthusiasm are an example of life conduct for me.

Thank you.

Merci à Jeek pour toutes les magnifiques photos de ce Rendez-Vous

©Photography by Jeek

http://www.arquivocontemporaneo.com.br/

http://www.triodedesign.com/fr/

http://www.james-paris.com/index.html

http://www.sergiorodrigues.com.br/

 

 

 

 

 



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