Shortstory – Nouvelle / A la bonne heure #2 / Encounters #2

By Stannie
Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat 6.99, 1985, acrylique et pastel gras sur toile. Source : www.slate.fr/

Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat 6.99, 1985, acrylique et pastel gras sur toile. Source : www.slate.fr/

 Sur IDP on vous raconte aussi des histoires, des vraies ! Enfin, des écrits fictifs originaux ! Le premier est une nouvelle intitulée « A la bonne heure » qui vous sera livrée ici-même en quelques épisodes. Voilà le chapitre 2, Une matinée bien remplie.

Chapitre 1 : A la bonne heure

A la bonne heure

Chapitre 2 : Une matinée bien remplie

Maureen était d’excellente humeur, mais il n’y avait rien de surprenant à cela, elle l’était presque toujours. Debout dans le wagon du métro, son sac entre les jambes, elle parlait avec le plus grand naturel si bien que si l’un des passagers qui remplissaient le petit espace avait pris part à la conversation, cela n’aurait pas paru incongru.

– Le week-end va être chargé, mais commençons par le programme de la journée. D’abord je me déleste de mon sac chez toi, ensuite je retrouve ma sœur en fin de matinée.

– Audrey passera la journée avec toi ?

– Oui, elle a fini ses cartons et elle s’offre une petite journée de détente avant de déménager demain. Viens déjeuner avec nous et puis on se retrouve pour un verre ce soir. On ira se balader au Louvre avec Audrey et on fera les magasins si tu te fais attendre.

– Pas d’objection ! Je file, je descends ici. On se retrouve vers midi et entre temps on s’appelle pour les détails. A plus !

Anaïs Hilaire était organisatrice d’évènement. Son diplôme obtenu, elle avait monté une petite boîte avec Priyanka, l’une de ses camarades de promo. Bien qu’elles travaillaient toutes deux d’arrache-pied, elles s’étonnaient d’avoir maintenu leur affaire plus de trois ans. L’avenir de la petite entreprise était sans cesse sur le fil mais elles finissaient toujours par trouver un client ou des projets petits ou grands, et faisaient face à des situations inédites avec la même assurance que si elles les avaient affronté tous les jours depuis dix ans. Ce jour-là, alors que Priya enchaînait les coups de fil et envoyait des mails en rafale depuis leur minuscule bureau, elle prenait en charge les rendez-vous chez deux nouveaux clients potentiels et devait visiter un lieu où se déroulerait une soirée Bollywood pour une petite marque de papeterie qui commençait à se faire un nom. Anaïs ne faisait plus la différence entre les jours de semaine et ceux du week-end, mais dans ce métier, chaque jour et chaque semaine étaient différents. Elle savait qu’elle ne verrait Maureen que par à coup pendant ces trois jours mais elle était ravie de cette ambiance « week-end entre filles ».

Le rendez-vous avec le client de 10 heures, un libraire, fut rapide. Il ne connaissait rien à la communication, ni au marketing et ne savait pas trop ce qu’il voulait, mais Anaïs avait déjà une idée précise de ce qu’elle allait lui préparer et il ne serait pas déçu. Et puis la soirée aurait lieu dans la librairie plutôt spacieuse, c’était une contrainte de moins à régler. Elle avait donc le temps d’aller chercher les toutes nouvelles cartes de visite d’Hilarious (le nom de la société) et de rendre une petite visite au traiteur pour l’évènement de la librairie. Elle prit le bus et se laissa aller à contempler la ville. Il semblait à Anaïs que Paris livrait plus volontiers sa beauté lorsqu’elle était observée par la vitre d’un véhicule. Mais pour elle, ce qui faisait la singularité de la capitale, c’était le rapport que ses habitants entretenaient avec elle. Ils ne cherchaient pas à vanter les mérites sachant combien c’était

une ville exigeante, pouvant susciter en même temps attraction et répulsion. Ils n’en faisaient pas les louanges, car pour être tout à fait honnête il fallait en révéler aussi les failles et ils n’y tenaient pas non plus. Ils la traitaient avec une sorte de désinvolture parce qu’ils comptaient sur la ville pour séduire par elle-même et ils avaient raison, Paris se débrouillait toute seule pour enchanter ses visiteurs et retenir ses habitants de passage.

L’heure du déjeuner arriva et Anaïs se rendit à la brasserie où elle avait donné rendez-vous aux filles. Elle apercevait l’entrée et la terrasse bondée en ce début de printemps et cherchait du regard le manteau rouge de Maureen lorsqu’un choc secoua son sac brutalement son sac qu’elle portait à l’épaule. Elle hésita à se retourner pour lancer un regard plein d’éclair au malotru. La bousculade était le pain quotidien de ceux qui arpentaient les trottoirs de Paris, s’il fallait se retourner à chaque fois ! Mais elle regarda tout de même en arrière et resta figée, un pied à peine posé au sol. Le jean clair, le blouson en cuir marron, la démarche lente et assurée, c’était le type de la gare ! Une deuxième fois, dans la même matinée, à des kilomètres de la gare, quelle coïncidence ! Anaïs n’hésita pas cette fois à le héler, motivée à la fois par la surprise, une légère indignation et une certaine… joie : « eh ! Vous là ! ». Il se retourna et lui adressa un regard interrogateur. Il ne savait visiblement pas ce qu’elle lui voulait, mais il s’excusa, supposant sans doute au ton de son invective qu’il s’était rendu coupable d’une quelconque offense. Anaïs fondit littéralement lorsqu’il sourit furtivement avant de reprendre sa marche et de disparaître. Encore une fois, occupée à observer l’inconnu, elle avait perdu ses réflexes et n’avait pas pu prononcer un seul mot, ni prendre une contenance un peu plus élégante avant qu’il ne s’échappe. Elle passa la porte de la brasserie, impatiente de trouver Audrey et Maureen et de leur raconter la rencontre improbable avec le type de la gare.

 Stannie BALTUS

Chapitre 3 : Rencontres et hasard

Chapitre 1 : The railway station guy

Encounters

Chapitre 2 : A busy morning

Maureen was in excellent mood, but that was not a surprising fact, as she was almost always. Standing in the subway, her bag between her legs, she was talking so naturally that if one of the passengers who filled in the small space had entered into the conversation, it would not have felt incongruous.

– It’s going to be a busy week-end, but let’s start with today. First, I get rid of my bag at your flat then I’ll meet my sister at the end of the morning.

– Oh Audrey is spending the day with you? – Yes, she finished packing up her things yesterday and she is taking the day before moving tomorrow. Have lunch with us and we will go have a drink tonight. Audrey and I will visit the Louvre in the afternoon and if you are late, we will go shopping.

– It’s fine by me! I have to go now, we meet up around noon and I will call you to set up our lunch. See you! She got off hastily but turned and waved at Maureen once on the platform.

Anaïs Hilaire was an event planner. After she obtained her degree, she had started a business with Priyanka, a friend from school. Though they were working very hard, they were almost surprised to have maintained their business over three years. The future of the little enterprise was constantly on the razor edge but they always found a client or a project big or small to keep it floating. They coped with all kinds of unprecedented situations with the same confidence as if they had done it every day for ten years. On that day, as Priya was giving calls and sending tones of emails from their tiny office, Anaïs was out to meet two potential new clients and to visit a place where a Bollywood themed party would be given for an emerging stationery brand. Anaïs could not tell the difference between weekdays and weekends anymore but in this profession each day and each week were a new adventure. She knew that she would only see Maureen sporadically during these three days but she was thrilled at the idea of this « girls weekend ».

Her ten o’clock meeting with a bookseller had been quick. He did not know the first thing about communication or branding and had no idea what kind of event he wanted but Anaïs already had something in mind that would not disappoint. The event would take place in the rather large bookshop , that was one thing she did not have to handle. So she had time to go get the brand new visit cards for Hilarious (the enterprise name) and to pay a visit to caterer for the bookshop event. She took the bus and enjoyed the cityscape. Anaïs was convinced that Paris revealed its beauty better when seen from a moving vehicle but she believed that it was the relationship between Paris and its inhabitants that made it so singular. They did not sing the praises of their city because they knew how challenging it was, how it could provoke attraction and repulsion as well. To paint an honest picture of it, they would have to admit its flaws and they were not so eager to do that either. There was some sort of casualness in the way they apprehended it because they counted on the city to be appealing by itself and they were right about it because Paris did not need their praises to enchant its visitors or to hold temporary inhabitants back.

At lunchtime Anaïs headed to the brasserie where she was supposed to reach the girls. She could see the entrance and the terrace outside the restaurant which was crowded since it was spring. She was looking around for Maureen’s red coat when something brutally hit the bag she was carrying on her shoulder. She hesitated to look back and give an angry look to the oaf -crushes were the daily bread of those who walked on Parisian sidewalks, imagine if you had to turn back all the time! – but she still did and froze, one foot still lifted, when she saw the light blue jeans, the brown leather jacket, the slow and confident walk… It was the rail station guy! Twice in the same morning, miles away from the railway station, what a coincidence !

Stannie BALTUS

Chapitre 3 : Encounters and coincidences



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