Urban Bohemian – Editorial

By Stannie
© http://paula-echevarria.blogs.elle.es/

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La bohème

 

Je me dis parfois que notre époque a des airs de XIXème siècle. Un monde en pleine mutation après des révolutions qui ont vu naître et mourir de grands espoirs, un certain idéal de réussite bourgeoise qui n’a plus rien de désirable, une jeunesse vagabonde et désillusionnée qui ne cherche plus à défendre des causes qui lui semblent perdues et se retranche dans l’individualisme voire le nombrilisme… Le XIXème siècle et ses ambitions déçues a fait émergé la figure du jeune romantique, solitaire rêvant d’ailleurs plutôt que d’avenir, préférant la créativité au rationalisme, la culture à la politique. Alors, lorsque Ludivine, créatrice d’IDP, m’a annoncé le thème fil rouge de nos articles de ce premier trimestre de 2015, battant des mains et sautillant (j’exagère à peine, c’est une personne trèès expressive !), j’ai repensé au XIXème siècle et à nous. Les révolutions sexuelle et numérique ont changé le monde sans le rendre vraiment meilleur et nous ont laissé à la fois perplexes et impuissants, essayant bon gré mal gré de tenir le rythme devant ces transformations fulgurantes. Les structures obsolètes du monde d’avant se défont sans que l’on sache comment les renouveler.

La bohème. Le mot nous est plus que familier car il a servi à forger le drôle d’oxymore « bourgeois-bohème » censé décrire ces bourgeois des années 2000 qui se refusaient à adopter les codes vestimentaires, esthétiques et sociaux de leur classe sociale, un rien désuets dans notre société post-soixantuitarde. Si le terme a fait florès, c’est sans doute qu’il visait juste mais si on a songé à nommer le néo bourgeois, a-t-on pensé à classer dans un concept sociologique vendeur, la bohème de ce début de XXIème siècle ? Désargentée, venant d’ailleurs tout en étant bien d’ici, débrouillarde et ouverte d’esprit, la bohème d’aujourd’hui est tout aussi instruite, cultivée et soucieuse de la planète. Elle est qualifiée et travaille mais dans l’instabilité (la précarité ?), elle voyage mais prend des vols low cost, le train ou le bus, elle fait la fête mais dans le bistrot du quartier plutôt que dans des clubs sélects, elle consomme mais dans la frugalité, indifférente qu’elle est aux sirènes de la publicité et du marketing.

La bohème a du se battre pour tout, tout le temps. On lui a conseillé de faire des études si elle voulait mener une vie confortable, elle en a fait et cela ne lui a pourtant pas évité de connaître le chômage ou une carrière sans saveur aux antipodes de ses valeurs, ni un pouvoir d’achat réduit à sa plus simple expression. La bohème a fait du sport, a pratiqué des activités artistiques, a consulté des psys, elle est mince, spirituelle et en bonne santé, mais cela ne l’aidera pourtant pas à conquérir l’âme sœur (ou quelque chose d’approchant), ni à fonder une grande famille sur le tard. Elle tente d’économiser mais ne compte pas s’offrir une résidence secondaire, elle vise plutôt sa survie une fois ses vieux jours arrivés. De toute façon elle préfère l’anonymat et l’agitation des grandes villes. La bohème du XIXème siècle, c’était ces artistes errants et vivant au jour le jour, dont la manière insouciante et décalée d’appréhender le monde était peut-être plus une preuve de sagesse et de courage que de fatalisme. Sur IDP nous allons célébrer et décrypter l’art de vivre et l’esprit bohème et urbain du XXIème siècle. Nom de code : « Urban Bohemian ».

 I sometimes tell myself that our tim has a taste of the XIXth century. A fast-changing world after revolutions that saw the beginning and the end of big hopes. A certain ideal of bourgeois success which has is no longer desirable, a roaming and disillusioned youth that doesn’t try to defend lost causes anymore and takes refuge in the individualism… The XIXth century and its disappointed ambitions formed the figure of the romantic, solitary young person dreaming rather that thinking of the future, preferring  creativity rather than rationalism, culture rather than politics. Thus, when Ludivine, creator of IDP, announced the red wire theme of our articles of this first quarter of 2015, beating hands and jumping (I hardly exaggerate, she is very expressive!), I thought about the XIXth century and about us. The sexual and digital revolutions changed the face of the world without making it really better. This left us at the same time perplexed and powerless, trying willy-nilly to hold the rhythm in front of these lightning transformations. The obsolete structures of the world come undone without we knowing how to renew them.

The Bohemia. This word is familiar because it served to forge the funny oxymoron « Bourgeois Boheme » to describe these middle-class people of the 2000s who refused to adopt the lifestyle, esthetic and social old-fashioned codes of their social class. If the term shone, it is doubtless that he aimed accurately but if we thought of naming the neo-middle-class person, did we think of classifying in a sociological concept, the Bohemia of this beginning of XXIth century? With no money, coming from there but feeling like they belong here, resourceful and open-minded, the Bohemia of today is also educated and careful of our planet. It is competent and works but in the instability. It travels but uses low-cost flights, the train or the bus. It parties but in the local bar rather than in select clubs. Its consumes but with frugality, indifferent to the sirens of advertising and marketing.

The Bohemia has to fight for everything, all the time. They advised it to study to live a comfortable life. Nevertheless this did not avoid unemployment or a tasteless career. Nor a purchasing power reduced to its simplest expression. The Bohemia went in for sport, artistic activities, consulted shrinks. Its figure is thin, it is spiritual and in good health, but this doesn’t help findind the soul sister (or something similar), nor raising a big family late in life. It tries to save up but does not plan to offer itself a holiday home, it aims rather at its survival once its old days arrive. Anyway it prefers the anonymous and agitation of big cities. The Bohemia of the XIXth century was these wandering and living from day to day artists, whose carefree ways were maybe more a proof of wisdom and courage than fatalism. On IDP we are going to celebrate the lifestyle and the bohemian and urban spirit of the XXIth century. Name code: « Urban Bohemian« .

 

 



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